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Mars
20
2017
La dispensation communautaire des antirétroviraux au Cameroun : bilan et perspectives
André MAMA FOUDA, le Ministre de la Santé Publique et président du Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS), a présidé le lundi, 20 mars 2017 à Yaoundé, une réunion de concertation avec les acteurs de la dispensation communautaire des antirétroviraux (ARV)

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« Trouver les voies et moyens pour continuer la politique d?accès aux ARV au Cameroun à tout patient qui est dans le besoin ». Tel est l?objectif visé par cette rencontre technique entre André MAMA FOUDA et les acteurs de la dispensation communautaire au Cameroun, à l?instar des Délégués Régionaux de la Santé Publique, les Coordonnateurs des Groupes Techniques Régionaux de Lutte contre le Sida, des CTA/UPEC, les Organisations à Base Communautaire (OBC) et les partenaires techniques et financiers.  De même, il était question de faire le bilan de cette activité qui a débuté en août 2016 dans 04 régions du pays et voir comment passer à échelle sur toute l?étendue du territoire national.


 

Au cours de cette rencontre, la centaine des participants venue des différentes régions du pays a été édifiée sur les enjeux de la dispensation communautaire des ARV au Cameroun, le rôle et les responsabilités des acteurs de cette activité.

A ce sujet, le Ministre de la Santé Publique dans son propos liminaire, a indiqué que la dispensation communautaire est une tâche immense, mais exaltante à laquelle chacun d?entre nous devrait être fier d?y contribuer.


En fait, le Cameroun s?est résolument engagé dans le processus d?amélioration de l?accès au traitement ARV aux patients éligibles.  Ainsi, des décisions et lettres-circulaires ont été signées par le Ministre de la Santé Publique en vue d?améliorer l?accessibilité financière et géographique du traitement ARV. Parmi celles-ci figure la décision portant sur la dispensation communautaire des ARV. L?objectif ici étant de rapprocher les malades du traitement et de désengorger les Centres de Traitement Agréées (CTA) et les Unités de Prise en Charge (UPEC). « Le système de santé camerounais, tout comme ceux des autres pays d?Afrique est confronté à d?importants difficultés relatives à la dis proportionnalité entre le nombre de plus en plus croissant des patients dans les hôpitaux et les ressources nécessaires pour assurer leur prise en charge. C?est le cas des nombreuses Personnes Vivant avec le VIH (PVVIH) sous traitement antirétroviral dont la file active en fin décembre 2016 était de 205 359 dans les pharmacies des 25 CTA et les 229 UPEC fonctionnels dans notre pays », déclare André MAMA FOUDA.

913 patients sous ARV sur 205 359 PVVIH

Pour pallier ces difficultés liées à l?accès aisé aux ARV qui contribuent à 60,4% du taux de rétention des PVVIH, le Gouvernement Camerounais s?est proposé dans le cadre de la mise en ?uvre de la Note conceptuelle VIH/Tuberculose, de procéder à la dispensation communautaire des ARV à travers les Organisations à Base Communautaires (OBC) affiliées aux CTA/UPEC qui assurent leur tutorat. Pour sa phase pilote, 14 OBC ont été identifiées pour dispenser les ARV aux patients des régions du Centre, du Littoral, de l?Ouest et du Nord-Ouest. A ce jour, seulement 913 patients sur les 205 359 PVVIH sous traitement antirétroviral sont suivis dans les OBC, très loin des 10% de la file active attendue. Ce qui dénote de la faible adhésion des prestataires malgré de nombreuses supervisions et descentes effectuées par le Comité National de Lutte contre le Sida dans les sites de mise en ?uvre. Il est donc question d?étendre cette dispensation aux autres régions du pays.

Pourquoi cette faible adhésion ? Selon des prestataires plusieurs problèmes sont à l?origine de cette situation. Notamment, l?absence de communication entre les prestataires de la dispensation communautaire, le manque d?espace dans certains OBC pour accueillir les patients, la non implication de toutes les formations sanitaires dans la stratégie de dispensation communautaire, le refus de certains UPEC et CTA des travailler en collaboration avec les OBC, l?incompréhension de l?approche par certains responsables d?hôpitaux?

Pour Claire MULANGA, la Directrice Pays de l?ONUSIDA, c?est scandaleux de savoir que le traitement du Sida soit gratuit et que des patients continuent à mourir faut de prise en charge. Le Représentant de l?Organisation Mondiale de la Santé au Cameroun lui, pense qu?il faut absolument que les uns et les autres adhérent à cette stratégie de décentralisation de la prise en charge des patients car, il s?agit d?une affaire de santé publique.

Au terme des échanges, quelques recommandations ont été formulées, à savoir :  passer à échelle sur toute l?étendue du territoire, communiquer officiellement sur la stratégie de la dispensation communautaire, permettre le rattachement des OBC à d?autres UPEC/CTA que celle tutrice, organiser le recyclage des communautaires sur les aspects spécifiques de dispensation, appeler à la collaboration des prescripteurs, doter les OBC de logiciel de suivi et du matériel informatique adéquat, renforcer l?appui pour le fonctionnement des OBC, favoriser les cadres d?échange entre OBC et CTA, doter les OBC d?un stock suffisant d?ARV et donner tous les protocoles de traitement, orienter les patients en nombre suffisant vers les OBC. 

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